Soins du visage, épilations, manucure, beauté des regards, massages bien-être : l’institut de beauté reste un commerce de proximité très recherché par les Françaises. Ouvrir le sien est un beau projet, mais l’esthétique est, comme la coiffure, une activité réglementée. Avant d’investir dans une cabine ou un appareil, il faut connaître les règles. Voici les étapes pour ouvrir un institut de beauté en France.
À retenir : les soins esthétiques à la personne (autres que médicaux et paramédicaux) font partie des activités artisanales qui exigent une qualification professionnelle. Vérifiez votre situation auprès de votre Chambre de métiers avant de vous engager.
1. Les diplômes et la qualification
Pour exercer les soins esthétiques, la personne qui réalise ou contrôle l’activité doit en principe être titulaire au minimum du CAP esthétique, cosmétique, parfumerie, ou d’un diplôme équivalent ou supérieur. À défaut de diplôme, la loi prévoit qu’une expérience professionnelle de plusieurs années dans le métier peut, dans certaines conditions, valoir qualification.
Les diplômes les plus courants :
| Diplôme | Niveau | Intérêt pour une création |
|---|---|---|
| CAP esthétique, cosmétique, parfumerie | 3 | Qualification minimale pour exercer |
| BP esthétique, cosmétique, parfumerie | 4 | Formation renforcée, gestion et encadrement |
| Bac pro esthétique | 4 | Formation complète, ouverture vers le BTS |
| BTS métiers de l’esthétique, cosmétique, parfumerie | 5 | Management, techniques avancées, conseil |
| Brevet de maîtrise esthétique | 5 | Diplôme de chef d’entreprise artisanale |
Les conditions précises sont présentées sur entreprendre.service-public.fr. Notez que certaines prestations relèvent d’autres règles : la prothésie ongulaire seule, le maquillage, ou à l’inverse les actes réservés aux professionnels de santé.
2. Les prestations autorisées… et celles qui ne le sont pas
Une esthéticienne n’est pas une professionnelle de santé. Certaines techniques sont donc encadrées ou interdites en institut :
- l’épilation à la lumière pulsée et au laser fait l’objet d’un encadrement réglementaire spécifique ; renseignez-vous sur les textes en vigueur et sur la formation exigée avant d’investir dans un appareil ;
- les injections (acide hyaluronique, toxine botulique) sont des actes médicaux, strictement réservés aux médecins ;
- le massage en institut est un massage de bien-être, sans visée thérapeutique : le massage à visée thérapeutique est réservé aux masseurs-kinésithérapeutes, comme le rappelle l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes ;
- les techniques de maquillage permanent et de microblading imposent une formation hygiène et salubrité et une déclaration en préfecture ou à l’ARS.
Communiquez sur vos soins avec des termes adaptés (« bien-être », « éclat », « relaxation ») et évitez toute promesse médicale. Pour les clientes, nous expliquons ces différences dans nos guides sur l’épilation cire, laser ou lumière pulsée et sur les sourcils et le microblading.
3. Définir son concept
Institut généraliste de quartier, spécialiste du visage, onglerie, bar à sourcils, spa avec hammam, institut bio ou orienté soins japonais : le concept détermine la surface, l’équipement, la clientèle et les prix. Étudiez l’offre existante dans votre ville, par exemple les instituts de beauté à Grenoble ou à Reims, pour repérer les besoins non couverts.
Les tendances actuellement très demandées par les clientes (Kobido, head spa, rehaussement de cils, manucure russe, drainage lymphatique) peuvent devenir une signature, à condition d’être formée sérieusement.
4. Choisir son statut
Les options sont les mêmes que pour un salon de coiffure : micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, EURL/SARL ou SASU/SAS. La micro-entreprise convient pour démarrer seule avec peu d’investissements (en cabine louée ou à domicile). Dès que vous avez un local, des appareils coûteux ou des salariées, le régime réel ou une société devient souvent plus adapté. Simulez votre projet avec un expert-comptable et consultez les plafonds sur le site de l’Urssaf.
5. Le local et l’aménagement
Un institut demande une organisation particulière :
- des cabines fermées, pour l’intimité des soins (épilation, soins du corps, massages) ;
- un point d’eau dans ou près de chaque cabine ;
- une bonne ventilation, indispensable pour les poses d’ongles et les produits volatils ;
- une isolation phonique pour préserver le calme ;
- un espace d’accueil agréable, qui sert aussi de vitrine pour la vente de produits ;
- l’accessibilité aux personnes handicapées, obligatoire pour les établissements recevant du public.
Vérifiez que le bail commercial autorise bien l’activité d’institut de beauté.
6. L’équipement
La liste dépend de vos prestations : tables de soin réglables, tabourets, lampes loupe, chauffe-cire, appareil de stérilisation pour les instruments métalliques, linge en quantité suffisante, poste de manucure aspiré, lampes UV/LED, produits professionnels et produits à la revente. Pour les appareils coûteux, comparez achat et location, et vérifiez qu’ils sont conformes à la réglementation applicable.
7. Les formalités d’immatriculation
La création se fait en ligne sur le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr, avec la preuve de la qualification professionnelle. L’entreprise est inscrite au Registre national des entreprises comme activité artisanale. Si vous vendez des produits cosmétiques, vous exercez aussi une activité commerciale accessoire : déclarez-la.
8. Assurances et obligations
Souscrivez une responsabilité civile professionnelle (brûlure de cire, réaction allergique, chute) et une multirisque pour le local et le matériel. Respectez ensuite les obligations communes à tous les salons : affichage des prix, note de prestation, médiateur de la consommation, RGPD, sécurité, et, si vous embauchez, convention collective de l’esthétique et document unique. Tout est détaillé dans notre checklist des obligations légales.
9. Le budget et le prévisionnel
Comme pour un salon de coiffure, le budget dépend fortement de la ville, de la surface et des appareils choisis. Listez les investissements (travaux, cabines, mobilier, appareils, stock initial), les charges mensuelles (loyer, énergie, linge, produits, logiciel, assurances, cotisations) et prévoyez une trésorerie couvrant plusieurs mois. Calculez le nombre de soins par jour nécessaire pour atteindre l’équilibre : c’est le chiffre le plus parlant.
10. Lancer l’activité
Dès l’ouverture, soyez visible : fiche Google complète, photos des cabines, grille tarifaire claire, réservation en ligne et premiers avis. Proposez des bons cadeaux et un programme de fidélité. Nos 12 leviers pour attirer plus de clientes s’appliquent parfaitement aux instituts. Et si votre projet concerne aussi la coiffure, lisez notre guide pour ouvrir un salon de coiffure.
