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Annuaire national des salons de coiffure & beauté

GuidePublié le 7 octobre 20267 min de lecture

Obligations légales d'un salon de coiffure ou d'un institut de beauté : la checklist

Prix, factures, médiation, données clients, sécurité, salariés : la checklist claire des obligations légales des salons et instituts en France.

Gérante de salon vérifiant des documents administratifs au comptoir d'accueil

Gérer un salon de coiffure, un institut de beauté, un barbier ou une onglerie, ce n’est pas seulement bien accueillir et bien travailler. C’est aussi respecter une série d’obligations légales, souvent méconnues, qui protègent la clientèle et les salariés. Un oubli peut coûter une amende lors d’un contrôle de la DGCCRF… ou la confiance d’une cliente. Voici une checklist claire des principales règles à connaître.

Important : cet article présente les grandes obligations de manière générale. Les règles évoluent : vérifiez toujours les textes en vigueur sur les sites officiels cités, et faites-vous accompagner par votre Chambre de métiers ou votre expert-comptable.

1. La qualification professionnelle

La coiffure comme l’esthétique sont des activités réglementées. Un salon de coiffure doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée (BP, BM ou équivalent), et les soins esthétiques exigent également une qualification (CAP esthétique au minimum ou équivalent). Les détails figurent dans nos guides pour ouvrir un salon de coiffure et ouvrir un institut de beauté.

2. L’affichage des prix

L’information sur les prix est une obligation générale pour tout professionnel qui vend à des consommateurs. Pour les salons de coiffure, une réglementation spécifique impose que les prix TTC des principales prestations soient affichés de manière lisible à l’extérieur (visible depuis la rue) et à l’intérieur du salon.

Bonnes pratiques valables pour tous les salons et instituts :

  • afficher des prix clairs, avec la mention de ce qui est compris (shampoing, brushing, soin) ;
  • préciser les suppléments éventuels (cheveux longs, produits spécifiques) ;
  • indiquer si un devis est proposé pour les prestations longues ou complexes ;
  • tenir la grille à jour sur votre site et vos fiches en ligne.

Les règles d’information des consommateurs sont détaillées sur le site de la DGCCRF.

3. La note (ou facture) de prestation

Pour toute prestation de services dont le prix atteint 25 € TTC, le professionnel doit remettre une note à la cliente, avant le paiement. En dessous de ce montant, la note est remise si la cliente la demande. Elle mentionne notamment la date, le nom et l’adresse de l’établissement, le nom de la cliente (sauf opposition), le détail des prestations et leur prix, ainsi que le total. Un double est conservé par le salon.

Les logiciels de caisse modernes génèrent ces notes automatiquement. Attention : un logiciel de caisse doit lui-même respecter les règles fiscales d’inaltérabilité et de conservation des données.

4. Le médiateur de la consommation

Depuis 2016, tout professionnel qui vend des biens ou des services à des particuliers doit permettre à ses clients de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation en cas de litige. Concrètement :

  • adhérer à un dispositif de médiation (souvent via votre organisation professionnelle) ;
  • afficher les coordonnées du médiateur dans le salon, sur votre site et sur vos conditions générales.

Plus d’informations sur la page officielle de la médiation de la consommation.

5. La protection des données des clientes (RGPD)

Fichier clientes, historique de couleurs, numéros de téléphone, rappels de rendez-vous par SMS : votre salon traite des données personnelles. Le RGPD impose notamment de :

  • ne collecter que les données utiles (pas besoin de la date de naissance complète pour une coupe) ;
  • informer les clientes de l’usage de leurs données ;
  • obtenir leur consentement avant de leur envoyer des messages promotionnels ;
  • sécuriser l’accès au logiciel (mots de passe individuels) ;
  • supprimer les données des clientes inactives au bout d’une durée raisonnable.

Les informations de santé (allergies, grossesse, contre-indications à un soin) sont des données sensibles : notez uniquement ce qui est nécessaire à la sécurité de la prestation. La CNIL propose des guides pratiques pour les TPE.

6. La sécurité de l’établissement recevant du public (ERP)

Un salon ou un institut est un ERP. Selon sa catégorie, il doit notamment :

  • respecter les règles de sécurité incendie (extincteurs vérifiés, issues dégagées, signalétique) ;
  • tenir un registre de sécurité et un registre public d’accessibilité ;
  • être accessible aux personnes handicapées, ou bénéficier d’une dérogation accordée par la préfecture.

7. L’hygiène et les produits

Il n’existe pas un « code d’hygiène » unique pour les salons, mais la responsabilité du professionnel est engagée en cas de dommage. Les règles de base :

  • nettoyer et désinfecter les outils entre chaque cliente, stériliser le matériel métallique utilisé en manucure et pédicure ;
  • utiliser du linge propre pour chaque personne ;
  • utiliser des produits cosmétiques conformes et conserver les fiches de données de sécurité ;
  • respecter les précautions des fabricants (test d’allergie avant coloration, temps de pose) ;
  • signaler les effets indésirables graves liés à un cosmétique sur le portail de l’ANSM.

8. Les obligations d’employeur

Dès le premier salarié, les obligations se multiplient :

  • appliquer la convention collective de la branche : coiffure (IDCC 2596) ou esthétique-cosmétique (IDCC 3123), avec ses grilles de salaires minimum ;
  • rédiger et mettre à jour le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) : produits chimiques, troubles musculo-squelettiques, station debout, coupures ;
  • organiser la visite d’information et de prévention auprès de la médecine du travail ;
  • afficher les informations obligatoires (horaires, inspection du travail, consignes de sécurité).

Pour les apprentis, des règles spécifiques s’appliquent (maître d’apprentissage, durée du travail des mineurs).

9. La musique d’ambiance

Diffuser de la musique dans un lieu ouvert au public, même via la radio ou une plateforme de streaming, est une diffusion publique. Elle nécessite une autorisation et le paiement de droits auprès de la Sacem, qui collecte aussi la rémunération équitable pour le compte de la SPRE. Les abonnements de streaming « particuliers » ne couvrent pas cet usage.

10. Les avis clients et la communication

Inciter vos clientes à laisser des avis est une très bonne pratique. En revanche, publier de faux avis, acheter des avis ou supprimer uniquement les avis négatifs relève des pratiques commerciales trompeuses. De même, les photos avant/après doivent montrer des réalisations réelles, publiées avec l’accord des personnes concernées. Les consommateurs peuvent signaler une pratique abusive sur SignalConso.

La checklist récapitulative

Obligation Pour qui Vérifié ?
Qualification professionnelle Tous ☐
Prix TTC affichés (extérieur et intérieur pour la coiffure) Tous ☐
Note remise à partir de 25 € TTC Tous ☐
Médiateur de la consommation affiché Tous ☐
Conformité RGPD du fichier clientes Tous ☐
Registre de sécurité et d’accessibilité Établissements recevant du public ☐
Assurance responsabilité civile professionnelle Tous (fortement recommandée) ☐
Convention collective et DUERP Employeurs ☐
Autorisation de diffusion musicale Salons diffusant de la musique ☐

Une fois ces bases en place, concentrez-vous sur votre visibilité : nos conseils pour attirer plus de clientes vous aideront à remplir votre agenda. Les clientes, elles, apprécient les salons transparents sur leurs règles, comme le montre notre article sur le savoir-vivre chez le coiffeur : pourboire, retard et annulation.

Questions fréquentes

Un salon peut-il facturer un rendez-vous non honoré ?

Oui, s’il a informé la cliente à l’avance, de manière claire, de ses conditions d’annulation (par exemple lors de la réservation) et si les montants demandés restent raisonnables. Sans information préalable, une facturation est difficile à justifier.

Le prix affiché doit-il inclure le shampoing ?

Le prix affiché doit correspondre à une prestation clairement décrite. Si le shampoing ou le brushing sont facturés en supplément, cela doit apparaître de façon lisible dans la grille tarifaire.

Faut-il un registre des allergies des clientes ?

Il n’y a pas d’obligation de tenir un registre spécifique, mais noter les réactions passées et les tests d’allergie réalisés est une bonne pratique de sécurité, dans le respect du RGPD.

Que risque un salon qui n’affiche pas ses prix ?

Le défaut d’information sur les prix peut être sanctionné par une amende administrative lors d’un contrôle de la DGCCRF. C’est aussi un facteur de méfiance pour la clientèle.